Derrière chaque grande aventure se cache souvent une histoire de cœur. Comme celle qui unissait Leslie Luppino et Jazz, son chien adoré, décédé brutalement en février dernier. De ce lien unique est née l’envie de créer un lieu où chaque animal serait accueilli comme un membre de la famille, une pension canine, sans cage ni box : La Maison de Jazz. La jeune femme nous a raconté comment, entre tendresse, passion et résilience, elle a transformé une épreuve douloureuse en un nouveau projet professionnel riche d’amour et de sens.
-Pouvez-vous nous raconter votre parcours et ce qui a déclenché votre désir de reconversion ?
– Leslie Luppino : J’ai occupé longtemps des fonctions commerciales et j’avais très envie d’être à mon compte. J’ai songé à plusieurs reconversions mais il y avait trop de freins donc j’ai progressivement renoncé.
-Pourquoi avoir choisi la pension canine ?
-LL : C’est la perte de mon chien Jazz, qui a tout déclenché lorsqu’il est décédé brutalement en février dernier. Ça a été terrible (émue)…Et puis ça s’est imposé comme une évidence, pour dépasser cela, il fallait que je donne de l’amour à d’autres animaux. C’est le cadeau que Jazz m’a fait en quelque sorte, continuer à l’aimer à travers d’autres chiens…
-Quelle formation avez-vous suivi pour vous lancer ?
-LL : J’ai passé en juin dernier la certification ACACED (Attestation de Connaissances pour les Animaux de compagnie d’espèces domestiques) grâce à mon compte CPF, je voulais une activité encadrée légalement afin d’apporter de la sérénité aux gens qui font appel à mes services.

-Comment procédez-vous pour accueillir l’animal ?
-LL : Il y a une demi-journée de tests avec l’animal, de mise en confiance, puis si tout se passe bien, je passe un contrat avec le propriétaire. Il y a aussi des critères d’accueil et un règlement sanitaire. J’accueille deux à trois chiens maximum (pas de grands chiens, ni au-delà de 25 kg), il faut aussi que les animaux soient castrés ou stérilisés, propres, sociabilisés. Qu’ils soient à jour des vaccins (notamment contre la toux du chenil), vermifugés. Je n’administre pas de traitement de fond mais parfois je peux faire une petite exception en faisant un léger soin. (Ex. gouttes dans les yeux, etc.).
-Quelles sont les prestations proposées ?
-LL : Je propose l’accueil à la maison, sans box ni cage, en famille. Il y a aussi un accès au jardin et des promenades selon les besoins, les habitudes et les capacités de l’animal. Je fais des jeux avec eux et bien sûr des câlins et des caresses (sourire). Le tarif est de 30 euros/jour (nuit comprise) et la nourriture et le panier sont fournis par le propriétaire. Il n’y a pas de tarif dégressif. Je donne des nouvelles quotidiennes via un groupe WhatsApp où je poste des photos, des vidéos. Je propose également des visites à domicile pour les chats au tarif de 15 euros le passage, dans un rayon de 15 km autour de Roubaix.
-Qu’aimez-vous le plus (et le moins) dans ce métier ?
-LL : J’adore mon métier (sourire), je me sens à ma place. Rien ne représente un frein ou une contrainte. J’ai beaucoup anticipé l’activité, beaucoup discuté avec ma famille afin que mon mari ou les enfants ne se sentent jamais contraints. Ils sont heureux aussi de ce temps passé avec les chiens, nous faisons des balades avec eux, etc. J’aime le contact avec mes futurs clients, j’adore leur faire plaisir en prenant soin de leur animal. Il y a aussi le travail de prospection que j’aime. Même la partie administrative ne m’ennuie pas…
-Travaillez-vous seule ou en collaboration avec d’autres professionnels (vétérinaires, éducateurs, éleveurs…) ?
-LL : Pour l’ouverture de la pension, j’ai fait venir chez moi un vétérinaire sanitaire de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) pour valider les lieux et donc l’activité mais aussi en cas de problèmes avec un animal. J’ai également rencontré une éducatrice pour compléter la formation ACACED et avoir une meilleure compréhension des codes comportementaux. Enfin, j’ai également des échanges avec une personne qui a ouvert une pension pour chats ainsi que d’autres propriétaires de pensions que je connais.
-Comment établissez-vous une relation de confiance avec les animaux que vous gardez ?
-LL : C’est assez intuitif, cela va au-delà du langage canin ou humain. L’animal le ressent.

-Quelles valeurs guident votre pratique artisanale ?
-LL : Je suis une personne engagée, je suis droite, honnête donc j’applique cette façon d’être dans ma pratique. Je souhaite que les propriétaires d’animaux se sentent sereins. Je m’occupe de leurs animaux comme si c’était les miens. J’ai un grand respect pour les animaux et le vivant en général.
-Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite se reconvertir dans la pension canine ou le pet sitting ?
-LL : Il faut ressentir vraiment de l’affection pour les animaux, sinon cela ne marche pas. Il ne faut pas que la garde devienne une contrainte, je fais les choses comme j’aimerais qu’on le fasse pour mon animal. D’ailleurs, il m’est arrivé de refuser une invitation personnelle en sachant qu’un animal a besoin de ma présence.
-Comment voyez-vous évoluer votre activité dans les prochaines années (nouvelles tendances, bien-être animal…) et quels sont vos projets ?
-LL : J’ai signé dix contrats en juillet, je suis très contente car c’est mon premier pas dans l’entrepreneuriat. Il y a eu d’ailleurs pas mal de demandes de personnes qui, au dernier moment, se sont retrouvées coincées parce que certains gardiens leur ont fait faux bond et du coup, elles ont fait appel à moi… Mais c’est un travail assez saisonnier, donc je pense à développer d’autres activités autour de l’animal, une formation à la kinésiologie (qui aide l’animal à retrouver un état d’équilibre physique, émotionnel et énergétique). Enfin, j’ai un projet de boutique en ligne pour chien et chat.
Crédit photos DR LL/CMA HDF
Contact : La Maison de Jazz/pension canine familiale et visite de chats à domicile
06 68 73 76 55
lamaisondejazz@gmail.com
La Maison de Jazz | Roubaix | Facebook
Instagram : lamaisondejazz
Roubaix, Secteur Barbieux Villa Cavrois